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Juste guerre et guerre civile
La fin d’un ordre international bipolaire ne s’est traduite ni par une paix universelle, ni par une diminution des conflits, ni même par leur modération. Tandis que l’idée de prévenir les guerres par la médiation est devenue triviale et que les principes humanitaires relèvent d’un discours convenu, le recours à la guerre civile ne cesse de croître, sous des formes le plus souvent extrêmes, et certains défenseurs d’un ordre international pacifiste se rallient au choix d’interventions militaires qui obéiraient à un devoir d’ingérence. Tous changements qui remettent en question le principe de souveraineté qui régissait les rapports entre États.
L’échelle universelle, planétaire, à laquelle se pose aujourd’hui la question de la guerre et de la paix, l’affirmation d’une puissance suprême qui imposerait son ordre et sa fin de l’histoire, cette fébrilité nouvelle à repenser un ordre universel, rappellent aux historiens un XVIe siècle occidental qui a dû penser la conquête du Nouveau Monde et en questionner sa légitimité, tout en se prononçant sur la justice ou l’iniquité des conflits qui ravageaient l’Europe au même moment. Une mise en perspective de ces deux époques apparaît possible et souhaitable, mais un effort de réflexion vieux de quatre siècles peut-il encore servir à penser les troubles de notre temps ?
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Guerres créoles, jacqueries indiennes
Un épisode célèbre de la guerre civile qui eut lieu en Bolivie, en 1899, permet d'enquêter sur les liens qu'entretiennent alors la classe politique et les communautés indiennes qui se battent pour récupérer leurs terres. Bien que tronquées, des archives boliviennes permettent de reconstituer la stratégie et l'organisation de leurs dirigeants, et de comprendre les causes de leur échec.
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Le premier vote indien dans les Andes (1810-1815)
En 1810, l'Espagne qui résiste à l'occupation française, entreprend d'organiser des élections générales dans l'ensemble de l'empire, puis en 1812, la constitution de Cadix accorde le droit de vote à tous les chefs de famille majeurs et indépendants, Indiens compris. Ces mesures ont-elles été appliquées, et avec quelles conséquences, dans les zones les plus indiennes des Andes, au Pérou et en Équateur ?
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Une réponse du berger à la bergère
Entre l'Europe et l'Amérique, les créoles ont cherché dans les théories les plus diverses des justificatifs à leur position entre deux univers. Cet article retrace leur parcours, entre déterminismes géographiques et biologiques, rejet de la vieille Europe et poursuite de racines imaginaires.
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Un processus révolutionnaire méconnu
Vingt ans après la Révolution française, et suivant son exemple, l'Espagne et son empire entrèrent à leur tour dans un cycle révolutionnaire qui aboutit à la disparition de l'Espagne comme grande puissance, à la naissance de multiples États indépendants en Amérique espagnole, et à l'apparition et au triomphe des formes politiques modernes dans toute l'aire hispanique. Dans la longue durée, ce fut l'une des conséquences les plus importantes de la Révolution française.
Cet article, écrit en collaboration avec Frannçois-Xavier Guerra,
auquel je souhaite rendre hommage, a été publié par la revue Caravelle,
en 1993 (n° 60, p. 5-57). En téléchargement ici, ou là [fichier "Representation moderne.pdf", 14 Mo, 52 p.].
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L'Église catholique dans les Andes, 1948-1984
Cet article, rédigé en collaboration avec Yves Saint-Geours voici plus de vingt ans, s'attachait à décrire l'évolution de l'encadrement clérical des catholiques andins entre 1948 et 1984, en se fondant sur des sources élaborées par l'Église elle-même. Le bilan était préoccupant, alors qu'au moment même où Jean-Paul II entamait son sixième voyage en Amérique latine (janvier 1985), la presse était unanime à prédire qu'en l'an 2000, la moitié de la catholicité vivrait dans cette région du monde et que son Église, trop souvent liée aux puissants, serait contrainte d'élaborer une nouvelle doctrine sociale.
«L’Église catholique dans les Andes : évolution de 1948 à 1984», in Problèmes d’Amérique latine, Paris, n°81, oct.1986, p. 65-96. Téléchargeable ici au format pdf [6,6Mo].
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Le pouvoir selon Fujimori
En 1990, le succès inattendu du candidat Alberto Fujimori contre Mario
Vargas Llosa démontrait que la société péruvienne et le jeu politique
avaient changé sans que la plupart des observateurs aient anticipé,
suivi, ou même pressenti ces transformations. On assista ainsi à la
rencontre entre une société, profondément bouleversée depuis le régime
militaire des années 1968-1979, et un homme décidé à pousser plus loin
ces changements. Mais avant de réaliser ses objectifs, celui-ci devait
donner une tournure nouvelle à la fonction présidentielle, et troquer
la parole, apanage des caudillos civils et militaires, pour l'action
rapide, abandonnant la négociation créole pour l'épreuve de force et
proposant ses propres conceptions de la démocratie directe qui lui
permirent d'exercer pendant deux mandats un pouvoir autocrate.
Cet
article, écrit en collaboration avec Isabelle Lausent-Herrera et rédigé avant la deuxième réélection d'Alberto Fujimori, a été
publié par la revue Problèmes d'Amérique latine, 1995, n°19, oct.-déc., p. 3-25. Il est téléchargeable ici au format pdf [fichier Fujimori 2,3Mo].
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Métissage et démocratie
Les sciences sociales ont bien du mal à
penser le métissage : que dire des acteurs eux-mêmes ? La nécessité de
fonder un État-nation a parfois contraint certains d’entre eux,
dirigeants et intellectuels, à se pencher sur la question ; au Mexique,
il en est résulté un pays qui se dit métis. Rien de tel dans les Andes.
Une exception, cependant, à ce silence…
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Nationalisme sans nation ?
Cet ouvrage, épuisé depuis longtemps, est issu d’une thèse de troisième cycle rédigée en 1976, soutenue en février 1977, publiée en 1980. Je n’en ai pas revu le texte depuis, et je crois inutile de le faire. Trente ans plus tard, je ne concevrai pas ainsi ce travail, et je ne mènerai pas ma recherche de la même façon, mais je continue d’accorder beaucoup d’importance à la crise que traversait la Bolivie quand éclata la guerre du Pacifique — une crise d’ancien régime, pour ainsi dire, classique —, et au rôle de la Convention de 1880 dans la dépossession des terres communautaires du haut-plateau. L’intégralité de ce livre est ici ou là téléchargeable au format pdf, avec l’autorisation des presses régionales du CNRS à Toulouse [228 p., 32,7 Mo].
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La notion de guerre civile en question
L’idée que l’on puisse réduire à deux types — la guerre civile et la guerre étrangère — l’ensemble des manifestations guerrières relève si bien du sens commun que l’on ne s’avise guère de discuter cette classification. Et l’emploi que nous faisons de “guerre civile”, à laquelle nous avons recours de plus en plus souvent, prouve une entente tacite autour de quelques idées dont on n’éprouve pas le besoin de mettre la validité à l’épreuve. Pourtant, cette locution ne renvoie peut-être pas à une notion si évidente qu’il paraît.
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Les projets nationaux des créoles hispano-américains. À propos d’un classique des Nation-building studies
Un ouvrage qui figure depuis plusieurs années dans toutes les bibliographies consacrées à la formation des nationalismes modernes se fonde sur l’exemple des indépendances hispano-américaines pour avancer certaines pièces majeures d’une argumentation qui touche à l’ensemble du phénomène national. Il s’agit du troisième chapitre de l’ouvrage de Benedict Anderson, Imagined Communities, paru en français sous le titre L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme (Paris, La Découverte, 1996, p. 59-75 : « Les pionniers créoles ») qui tente de répondre à cette question pertinente (p. 61) : « Pourquoi est-ce [sic] précisément les communautés créoles qui acquirent si tôt le sentiment de former une nation, bien avant la plus grande partie de l’Europe ? »
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Le pronunciamiento, genèse d’une pratique
Toute discorde entre provinces et capitale, tout rejet d’un gouvernement par ses administrés, n’impliquent pas nécessairement le recours à la force, même s’ils se manifestent brutalement et se donnent des expressions spectaculaires. Des exemples tirés de l’histoire de l’Amérique latine et de l’Espagne illustreront cette proposition en montrant que l’une des formes courantes de la rupture en politique — le pronunciamiento — n’est pas toujours, et pas obligatoirement, violente. À travers l’étude de cette pratique, il apparaîtra que certaines modalités propres à la culture hispanique — considérée par de bons auteurs (Tocqueville, pour ne citer que lui) comme rebelle au fonctionnement paisible de la démocratie — renvoient à d’autre significations que celles de l’affrontement de deux partis pour le pouvoir, ou du soulèvement de militaires factieux contre un État de droit.
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La cité-territoire
Le nombre de ses habitants a changé la nature de la ville. Lieux d’inter-connaissance et sociétés du face-à-face, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la plupart des cités hispano-américaines ne dépassaient guère quelques milliers d’habitants. Au XVIIe siècle, ce que nous nommerions bourgade, un regroupement de quelques centaines d’habitants, portait parfois le titre de “ciudad”, et Guadalajara, qui ne comptait que 5 000 habitants, était capitale de la Nouvelle-Galice.
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L'école de la République
Cet article, consacré à l'examen des premiers projets scolaires en Équateur, notamment ceux de Vicente Rocafuerte de Gabriel García Moreno, rappelle que les premiers gouvernements républains ont cherché à fonder le nouveau régime sur une conception de la citoyenneté accordant une place centrale à l'instruction. Mais, niant les efforts de l'époque coloniale et impuissants à se donner les moyens d'une école pour tous, ces dirigeants étaient condamnés à l'échec.
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Les commencements de la représentation démocratique en Amérique latine
Il est délicat de dresser un inventaire des pratiques représentatives sur la longue durée : même si l’ancien régime en a connu certaines, comment pourrait-on rigoureusement parler de représentation avant l’avènement de régimes démocratiques, avant l’affirmation d’un droit de suffrage et l’organisation d’élections régulières ?
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Microcosmos. Une dispute municipale à Loja (Équateur), en 1813
Au début du XIXe siècle, Loja appartenait au Reino de Quito, dans le vice-royaume de la Nouvelle-Grenade. C’en était la province la plus excentrée, et elle est restée telle dans l’État républicain d’Équateur. De premières élections modernes (c’est-à-dire fondées sur la légitimité populaire) s’y déroulèrent en 1813 et révélèrent les tensions et les ambitions d’une société périphérique, qui servait de lieu d’exil et de refuge aux grands lignages de la capitale. Cette étude est l’occasion d’interroger les pratiques et les représentations des acteurs de la vie politique d’une province de l’empire espagnol au moment où celui-ci va laisser place à un ordre nouveau. Cet article, conçu à l’occasion d’une mission effectuée à Loja en 1982, a été publié dans le Bulletin de l’Institut Français d’Études Andines, en 1984. Il est téléchargeable au format pdf [12 p., 924Ko].
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